POEMES DE MARIDO TOUTES FORMES

POEMES DE MARIDO TOUTES FORMES

La Gérardine

Gérardine

Source : Posté par Cyraknow, dans poèmes en Français, prosodie et formes poétiques 03 février 2015 · 3 529 visite(s)

 

Ce poème est écrit dans la forme fixe contemporaine dénommée "gérardine", que l'on doit à Gérard Laglenne.

La gérardine est une forme fixe mise au point par Gérard Laglenne, poète contemporain né en 1928 en Ardèche.

C’est un quinzain décroissant avec une alternance des rimes bien particulière. D’habitude elle s’écrit entièrement en alexandrins.

 

 

Par une nuit sans lune, alors qu’il faisait froid,

Sa raison chavira, sombrant dans la folie.

Son mari assassin avait tué le roi,

Ce Duncan qui, pourtant, se voyait leur ami.

Elle avait vu ses yeux, sa peine, son désarroi !

 

Du moment fatidique où il perdit la vie,

Elle n’eut plus de sommeil, ces yeux-là la hantèrent ;

Sa culpabilité empoisonnant l’esprit.

Elle se lava les mains, maugréant des prières .

 

Sa folie les voyait tachées du sang versé.

C’était sa conscience, ce sang imaginaire.

Elle hanta le château, errant échevelée.

 

Enfin elle ne fut plus, au pied du rempart droit,

Qu’une loque pantelante, corps désarticulé.

 

Lady MacBeth mourut, ne laissant qu’un corps froid.

 

gérardine forme fixe contemporain prosodie

Merci beaucoup, amis poètes, de l'accueil positif et auréolé de louanges qui a été accordé à ma publication "Dernières Lueurs", ici: http://www.toutelapoesie.com/salons/topic/65122-dernieres-lueurs-gerardine/#entry293678

 

L’horizon nuancé s’enveloppe dans l’ombre ;

 

Le zéphyr est tombé, dans la fraîcheur du soir,

 

Et l’on devine à peine, au creux de la pénombre,

 

Les contours recouverts d’un léger velours noir.

 

Après tant de soleil, voilà que le jour sombre !

 

 

 

Déjà l’on ne voit plus, du lac, le doux miroir.

 

Alors que le jour meurt et le couchant s’avance,

 

Dans un dernier sursaut, empreint de désespoir,

 

Le crépuscule joue et danse en transparence.

 

 

 

Un solitaire instant, bleuté, diaphane et pur,

 

L’angélus retentit, seule humaine présence,

 

Languissamment porté tandis que meurt l’azur.

 

 

 

L’écharpe de vapeur caresse le jour sombre ;

 

La palette du soir s’est perdue dans l’obscur…

 

 

L’horizon tout entier s’est enveloppé d’ombre.

 

 

Il s'agit là d'une "gérardine", l'une de ces formes dites fixes. Celle-ci a pour intérêt d'être une forme contemporaine, et est en passe d'acquérir des lettres de noblesse auprès des poètes amateurs desdites formes fixes.

Cette forme est due à l'imagination de Gérard Laglenne, qui lui consacra de nombreux poèmes, au point d'en remplir un recueil: "Gérardine: Quinzain décroissant".

 

Ce fut un ami commun à monsieur Laglenne et moi-même qui m'aiguilla vers cette forme. il n'a pas dû vous échapper que j'aime et recherche les formes fixes, et que j'écris presque exclusivement en vers classiques. Aussi cet ami pensa-t-il qu'une nouvelle forme me procurerait de nouvelles opportunités d'écriture...

 

C'est une forme d'une structure tout à fait particulière. Oui, c'est un quinzain, mais non, pas sous forme habituelle de trois quintils.

Ici, le poème va décroissant: quintil / quatrain / tercet / distique / monostiche, et se doit d'être écrit, toujours, en alexandrins, plus spécifiquement alexandrins à deux hémistiches (par opposition, bien sûr, à l'alexandrin en trois parties dont, zut, le nom m'échappe)

L'alternance de rimes féminines et masculines est obligatoire, évidemment, et uniquement rimes classiques, visuelles aussi bien qu'auditives (donc, ne pas faire rimer "blanc" et "gland", par exemple, alors que "blanc" et "banc" riment).

 

La structure prosodique doit être  A-B-A-B-A  /  B-C-B-C  /  D-C-D  /  A-D  / A

ou encore                                       A-A-B-B-A ...

Ce qui donnera , en alternance     M-F-M-F-M  /  F-M-F-M  / F-M-F /  M-F / M (si M = masculine et F = féminine)

 

Dernière difficulté: le poème se déroule, comme une histoire, vers sa conclusion. Le monostiche final doit donc "résumer" ce qui précède, ou le conclure. A cet effet, ce dernier vers reprend tout ou partie du vers 1. Quoi qu'il en soit, le vers 1 doit être clairement reflété, voire repris, dans le vers 15, en donnant le sentiment d'être arrivé à la fin d'un cycle, d'une histoire, d'une évolution.

Ainsi, si vous observez mon interprétation de la forme, vous verrez que le vers 1 décrit le tout début du crépuscule, avec "s'enveloppe dans l'ombre" au présent, alors que le vers 15 montre que la nuit est entièrement tombée, et que le crépuscule est donc terminé, avec "s'est enveloppé d'ombre", passé composé.

 

Pour finir, voici un lien vers mon tout premier effort en la matière. Je l'avais envoyé à monsieur Laglenne pour conseil; il a eu la gentillesse de me l'analyser, comme si je devais le présenter officiellement pour concours ou publication. Il y avait beaucoup à revoir... J'espère avoir fait mieux cette fois-ci.

Comme monsieur Laglenne avait dit à notre ami commun "Nous dirons de ce poème qu'il est, comme pour les oeuvres premières de Picasso, votre période bleue."

 

Recherche http://www.toutelapoesie.com/salons/blog/255/entry-14472-gerardine/

 

Une forme sommes toutes à étudier ???

 

Merci Sphyria pour cette forme fixe


Du cœur ému...Forme la Gérardine...Image Pinterest.

Du coeur ému

 

 

Du cœur ému…

 

Je resterais émue au désir de son cœur

Qu’il est doux le chemin au creux de son ivresse

Éveillant dans la nuit nos soupirs de bonheur

Qui viendrait, sous sa main, déposer la caresse

Enivrant notre amour d’une douce saveur.

 

Je perçois sous la lune une voix sensuelle

Révélant cette ardeur dans le creux de ses bras

Il est doux de rêver quand la nuit est si belle

Priant la volupté sans aucun embarras.

 

Il dessine sur moi cette toile éphémère

Enveloppant le ciel des plus beaux apparats

Puis dans l’ombre renaît la fierté douce-amère,

 

Quand je tais mes espoirs à troubler le vainqueur

Je déterre l’ennui ridicule chimère,

 

Je me croyais émue à l’antre de son cœur.

 

Maria-Dolores


04/06/2021
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